jeudi 27 mai 2010

Bosnie et Albanie: voyages sans visa

Ce n'est encore qu'une proposition de la Commission, mais déjà les pays concernés parlent de "décision historique". Les citoyens Bosniaques et Albanais pourraient bientôt se rendre sans visa dans les pays de l'espace Schengen (c'est à dire les 27 pays de l'Union, sauf le Royaume-Uni et l'Irlande, et plus la Norvège la Suisse et l'Islande). Seul un passeport biométrique sera nécessaire.
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Cette proposition est le fruit de plus de deux années d'efforts dans le cadre du dialogue sur la libéralisation du régime des visas entammé avec ces deux pays au cours du premier semestre 2008. Tirana et Sarajevo, qui toutes deux sont candidates officielles à une adhésion à l'Union Européenne, se sont immédiatement félicitées de l'adoption de cette mesure. Sur la base des feuilles de route proposées par la Commission européenne, l'Albanie et la Bosnie-et-Herzégovine ont en effet réalisé des avancées significatives sur plusieurs fronts: amélioration de la sécurité des passports, renforcement des contrôles aux frontières ainsi que consolidation du cadre institutionnel pour la lutte contre la criminalité organisée et la corruption. Des progrès substantiels ont également été accomplis dans le domaine des relations extérieures et des droits fondamentaux.
  • Bémol

Néanmoins, cette ouverture reste conditionnée à une série d'exigences non encore satisfaites jusqu'ici. Car, en dépit des bons résultats enregistrés, les deux pays doivent encore progresser dans certains domaines, notamment en matière de lutte contre la corruption et le crime organisé. - Sur ce point, les autorités des deux pays se montrent confiants. Le Premier ministre albanais, Sali Berisha, déclare que son pays est "déterminé à tout faire pour répondre aux exigences de l'UE" tout en précisant que l'Union exigeait notamment l'application rigoureuse d'une loi anti-mafia adoptée en janvier dernier prévoyant la mise sous séquestre des biens provenant d'activités criminelles. Quant au Premier ministre bosniaque, Nikola Spiric, il estime que la Commission européenne, par sa proposition, saluait "les efforts des autorités bosniaques pour répondre aux (critères) requis".

La proposition devra encore être approuvée par le Parlement européen et par les Etats membres, ce qui pourrait se faire sous la présidence belge cet automne, estime Cecilia Malmström, la commissaire européenne chargée des Affaires intérieures.
  • Malentendus

En décembre 2009, l'Union européenne avait déjà décidé d'abolir l'obligation de visas dans la zone Schengen pour les ressortissants serbes, monténégrins et macédoniens. En conséquence, en Belgique, les autorités ont constaté une forte augmentation des demandes d'asile de la part des citoyens de ces pays, alors qu'ils ne peuvent en bénéficier. Le plus souvent, il s'agissait d'hommes et de femmes qui donnaient une très large part de leurs économie à des agences de voyage locales, peu soucieuses du sort de leurs clients. Des cars entiers partaient destination Bruxelles.

Le problème avait pris une ampleur telle que le Premier ministre belge de l'époque, Yves Leterme, avait dû se rendre en personne dans les pays concernés afin de presser les gouvernements de mieux expliquer la signification de la suppression de visas.

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