Une mauvaise nouvelle de plus pour la zone euro. L'agence de notation Fitch a décidé aujourd'hui d'abaisser d'un cran la notation de la dette espagnole. Elle estime que le plan d'austérité du gouvernement va entraver la croissance, ce qui complique encore la tâche des autorités espagnoles.
Une trop lente reprise économique
Rappelons d'abord que les agences de notation financières évaluent la fiabilité des produits financiers. Dans le cas présent, il s'agit des obligations émises par les Etats pour refinancer leur dette. Il existe trois agences internationales de notation: Fitch Ratings, Standard & Poor's et Moody's. Lorsqu'elles abaissent la notation d'un Etat, cela rend le refinancement de cet Etat plus coûteux, car plus risqués pour les investisseurs.
D'après Fitch donc, l'Espagne pourrait mettre plus de temps qu'annoncé pour sortir de la crise. L'agence estime que Madrid ne retrouvera pas aussi rapidement la croissance que ses partenaires européens. D'où la dégradation d'un cran de la note du pays. Elle passe de AAA à AA+ (précisons au passage que c'est également la note de la Belgique). Une note qui, déjà, est venue plomber les marchés d'actions américains. Wall Street a terminé en baisse hier, -1,18% pour le Dow Jones. Quant à l'euro, il est tombé à moins de 1,23 dollar.
Dette privée en cause
Mais d'où vient précisément cette inquiétude de Fitch (par ailleurs partagée par Standard & Poor's qui, le mois dernier, avait également revu à la baisse sa note pour l'Espagne)? On le sait, de nombreux pays de la zone se sont lancés dans d'ambitieux programme d'austérité (ou rigueur) budgétaire. Le but est clair, il s'agit d'équilibrer les budgets. Un outil cependant à manier avec prudence, car cette austérité freine également la croissance économique (cf. premier article de ce blog).
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Et c'est là que là que le bât blesse. Car en effet, même si Fitch juge le plan d'austérité espagnol "ambitieux" (économies de 15 milliards d'euros en 2010 et 2011, un plan justement décidé sous la pression des marchés et des partenaires européens), l'agence souligne également que les mesures d'ajustement du gouvernement vont nettement réduire le taux de croissance économique à moyen terme, et que la reprise économique sera "timide" et plus lente que celle prévue par le gouvernement espagnol.
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Bref, même si Fitch souligne les efforts de l'Espagne pour réduire les déficits publics, elle estime que les perspectives de croissances seront affectées, notamment, par la dette privée. Les déficits publics espagnols pèsent actuellement 11,2% du PIB en 2009. La dette publique devrait atteindre 66% du PIB à la fin de l'année, soit presque le double de ce qu'elle était en 2007. Quant à la dette privée, elle regroupe celle contractée par les entreprises, les banques et les ménages, dont l'endettement a doublé depuis 2000, pour atteindre 89% du PIB.
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Situation préoccupante pour la zone euro
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L'agence Fitch précise toutefois que le profl de crédit de l'Espagne reste très solide et assure que la perspective de la nouvelle note est stable. Néanmoins, le gouvernement Zapatero se serait bien passé de ce nouvel avertissement financier, à l'heure où il négocie avec difficulté une réforme de son marché du travail. Les syndicats sont à cran, la situation sociale est orageuse. De quoi inquiéter la zone euro.
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